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100 M$ pour l'industrie forestière - Une aide mal ciblée selon Scierie Labranche.

Un coup d'épée dans l'eau.  Voilà ce que le copropriétaire de la Scierie Labranche pense de l'aide de 100 millions $ offerte sur quatre ans par le gouvernement fédéral afin d'aider les entreprises de l'industrie forestière canadienne à investir dans de nouvelles technologies de production.

Selon Michel Labranche, copropriétaire d'une scierie à Saint-Isidore-de-Clifton, rares sont les entreprises qui verront la couleur de ces 100 M$.

«Ici, on fait du bois de plancher, précise-t-il.  Même si on voulait profiter de cette aide, on ne pourrait pas.  En fait, je me demande bien qui en profitera.  Certainement pas les petites ou moyennes entreprises.  C'est donc encore les grosses entreprises qui pourront toucher l'argent pour améliorer leur équipement.  C'est elles qui ont les moyens de modifier leur machinerie.  J'espère que ce n'est qu'un début.»

Le gouvernement ne s'y prendrait donc pas de la meilleure façon pour aider les entreprises oeuvrant dans le milieu et ce, même s'il vise le développement de nouveaux produits comme les biocarburants, les produits biochimiques et les bioplastiques ainsi que les matériaux de construction innovateurs tels que les panneaux composites.

«Les conservateurs devraient offrir plus de crédits d'impôt et encourager les gens à construire ou rénover des maisons en utilisant des matériaux en bois comme du plancher de bois.  C'est ce qui stimulera la reprise.  Les gens oseront donc miser sur le bois, ce qui nous permettra par la suite de produire plus étant donné que nos clients vendront davantage», croit Michel Labranche.

La députée de Compton-Stanstead, France Bonsant, semble d'accord avec les propos du copropriétaire de la Scierie Labranche.

«Cette annonce, c'est de la poudre aux yeux, lance d'entrée de jeu la bloquiste.  Il faut savoir que les 100 millions de dollars seront donnés sur quatre ans partout au Canada, dans dix provinces et trois territoires!  La part du Québec sera petite.»

Cette dernière se dit également persuadée que les petites ou moyennes scieries profiteront bien peu de l'aide d'Ottawa.

«Pour transformer une machinerie de cette façon, l'entreprise doit investir en moyenne 25 millions de dollars environ, estime la députée du Bloc québécois.  Pour obtenir l'aide proposée par les conservateurs, le propriétaire doit avoir beaucoup de liquidité, ce que les PME n'ont plus dans le milieu.  Le Bloc demande donc que le gouvernement offre des garanties de prêt.  Sinon, ça devient de l'argent invisible pour plusieurs.»

Source : La Tribune, Sherbrooke, mercredi 4 août 2010.