BRP roulera sur la Lune et Mars! L'Agense spatiale canadienne commande trois véhicules aux chercheurs de Sherbrooke.
La prochaine génération de véhicules lunaires et martiens sera développée à Sherbrooke. BRP et le Centre des technologies avancées BRP-Université de Sherbrooke (CTA) planchent actuellement sur trois véhicules de base qui devront être livrés d'ici décembre 2012.
Les deux partenaires vont concevoir les châssis et les systèmes de locomotion d'un rover léger d'exploration lunaire et d'un rover scientifique et d'exploration de Mars. «On part avec une feuille blanche», lance le président et directeur général du CTA, Mihai Rasidescu.
BRP a remporté des contrat de 5,6 millions $ de l'entreprise MacDonald Dettwiler and Associated Ltd (MDA), qui elle a reçu deux contrats de l'Agence spatiale canadienne (ASC) pour la conception, la construction et les tests des véhicules spatiaux.
«Les emilleurs orvers qui sont allés sur Mars pouvaient traverser des obstacles de 5 à 10 cm. Maintenant, on parle de 40 cm. C'est une grosse amélioration. Ce sont des véhicules plus larges; notre véhicule sera de la taille d'un VTT. Jusqu'à maintenant, ceux qui sont allés sur Mars avaient la taille d'un robot», explique M. Rasidescu en entrevue téléphonique.
L'équipe du CTA devront faire face à plusieurs défis. Par exemple, illustre M. rasidescu, la température sur la Lune, du côté ombragé, oscille autour du -150 degrés Celsius. Du côté du Soelil, elle varie entre 200 et 250 degrés Celsius. «On eput congeler ou brûler selon où on est. Le véhicule doit pouvoir accepter des différences de température très élevées.» Autre détail dont ils doivent tenir compte : la gravité qui n'est pas du tout la même dans l'espace. «Il y a six fois moins de gravité sur la Lune. Une personne pesant 60 kilos ici va en peser 10 sur la Lune.»
Selon le directeur du CTA, 12 personnes se consacrent à ce projet à temps plein, en plus de plusieurs autres personnes qui y travaillent à temps partiel, en fonction des besoins.
Interrogé sur la création d'emplois, M. Rasidescu souligne qu'au cours des 18 derniers mois, le nombre d'employés à temps plein est passé de 32 à 65. La masse salariale de tous ces employés excède quatre millions $, observe-t-il. Cet hiver, on apprenait que le CTA travaille à l'élaboration d'un Spyder hybride. Le CTA emplois plus de 70 chercheurs et étudiants.
Le CTA est né d'un partenariat enter BRP et l'UdeS. Sa mission est de développer de nouvelles technologies dans le domaine des véhicules récréatifs motorisés.
«Les véhicules auront pour mission de parcourir des surfaces planétaires encore plus rudes, plus difficiles et plus éloignées qu'aucune autre auparavant», a pour sa part expliqué le vice-président et directeur de l'exploration spatiale chez MDA, Christian Sallaberger.
Aux yeux de M. Rasidescu, les chercheurs n'auront d'autre choix que de sortir des sentiers battus. «Nous sommes en train de développer des systèmes qui pourraient devoir fonctionner dans les endroits les plus éloignés et hostiles, où les écars de température sont extrêmes, la gravité réduite et bien entendu, où la possibilité de réparer un système de locomotion une fois en marche est inexistante.»
Une fois terminé, les trois véhicules seront livrés à MDA afin d'y intégrer une gamme de capteurs intelligents et de charges utiles.
Source : La Tribune, Sherbrooke, jeudi 7 avril 2011