Membres


BRP s'élance vers un Spyder hybride. La mise au point confiée au Centre des technologies avancées BRP-UdeS

Les adeptes du Spyder pourraient un jour conduire un véhicule plus «écoperformants».  Le Centre des technologies avancées BRP-UdeS planche actuellement sur le développement d'une technologie de motorisation hybride pour le roadster Can-Am Spyder.  Selon BRP, il s'agit d'un projet de développement unique au monde.

Le CTA de BRP et de l'Université de Sherbrooke obtient un appui financier de 11,3 millions $ destiné au développement de cette technologie hybride pour le véhicule à trois roues.  BRP investit 5,1 M$ dans cette aventure, et le gouvernement fédéral injecte 6,2 M$ par l'entreprise de son programme Partenariat automobile du Canada.

Au terme du projet de recherche, le véhicule devra conommer la moitié moins de carburant, réduire d'autant ses émissions de gaz carbonique tout en étant aussi rapide et performant.

Si la recherche s'avère concluante, le nouveau roadster deviendrait «le premier véhicule routier hybride sur le marché entièrement conçu et fabriqué en série au Canada», selon le président et chef de la direction de BRP, José Boisjoli.  Cette initiative survient quatre ans après le lancement du Can-Am Spyder, assemblé chez BRP à Valcourt.  «On a de plus en plus de clients qui veulent des produits écoperformants», fait-il valoir.

Le projet de recherche s'étalera sur une période de quatre ans.  La commercialisation du produit pourrait prendre une année à deux de plus.  Le produit sera-t-il assemblé à Valcourt s'il est commercialisé?  «Le véhicule Spyder est assemblé à Valcourt.  Il y a de grandes chances que ce soit assemblé à Valcourt», répond José Boisjoli.

Pour BRP, il s'agit d'un risque calculé, convient le président et chef de la direction de l'entreprise.  «On est confiants avec l'expertise technique que l'on a d'être capables de faire fonctionner le véhicule et d'être satisfaits des résultats», fait-il valoir.

Le Spyder de deuxième génération pose cependant beaucoup de défis au plan technique.  La performance, par exemple.  Si les conducteurs d'automobiles hybrides pensent avant tout à l'économie de carburant et à la diminution des émissions polluantes, les propriétaires de Spyder ont aussi d'autres considérations.  «Les propriétaires de roaster Spyder hybrides ne seront pas nécessairement prêts à renoncer à de vives accélérations...  Les chercheurs devront concevoir une transmision et une stratégie de commande qui permettent aux moteurs électriques et à combustion interne de combiner leur puissance pour offrir, sur demande, des performances dignes d'un véhicule sport», commente le professeur Alain Desrochers, également directeur des affaires universitaires au CTA.

Autre défi : l'espace.  «Il ya le confinement des éléments hybrides : moteur électrique, batteries, modules de contrôle et de freinage régénératif, qui devront s'intégrer dans un volume restreint, entre les jambes du pilote», explique le professeur Alain Desrochers.  «Il s'agit pour nous de développer un véhicule hybride électrique à partir d'une page blanche», résume José Boisjoli.  Selon lui, si les partenaires réussissent leur pari, ils pourraient ouvrir de «nouvelles possibilités» pour tout le secteur des transports motorisés au Canada.

L'équipe de recherche dirigée par M. Desrochers est composée d'une trentaine de personnes provenant de l'UdeS et de BRP.  L'initiative dévoilée hier permettra de former 20 étudiants et doctorants hautement qualifiés, a fait valoir la rectrice de l'UdeS, Luce Samoisette.

Le CTA produira trois générations de véhicules prototypes et de ses composantse au cours des quatre prochaines années.  Le produit final devra passer plusieurs tests, notamment au plan de la performance et la durabilité.  Les innovations technologiques pourraient être transférées à d'autres types de véhicules et de produits.

Mme Samoisette, M. Boisjoli et M. Desrochers ont dévoilé un véhicule concept en présence de nombreux dignitaires, dont le député de Lévis-Bellechasse, Steven Blaney.

Source : La Tribune, Sherbrooke mardi 21 décembre 2010