Fermeture de Fenêtres Robert - Un comité de relance tentera de sauver l'entreprise.
Même si un comité de relance souhaite éviter la fermeture définitive de Fenêtres Robert, ce sont majoritairement des employés déçus et résignés qui sont sortis de la réunion à laquelle la direction de l'entreprise les avait conviés, hier matin. Peu rassurés, les employés ont aussi été reçus par Emploi Québec afin de connaître les prochaines démarches à entreprendre. Et malgré la bonne volonté du comité de relance, la faillite demeure possible pour Fenêtres Robert, installée à Saint-François-Xavier depuis 1951.
Bien décidé à aider la cinquantaine de travailleurs de l'entreprise, le comité de relance en sait pour l'instant trop peu sur les états financiers de l'entreprise pour pouvoir entamer des démarches concrètes.
Selon Sylvain Parent, président de la Fédération des travailleurs et des travailleuses du papier et de la forêt (FTPF-CSN), le succès d'un tel projet repose avant tout sur le type de production. Chez Fenêtres Robert, il croit en la possibilité de développer davantage la production.
«Il faut commencer par trouver un nouvel acquéreur et le plan de relance doit venir le plus rapidement possible. Chaque fois, c'est un énorme défi. On a demandé la plus grande transparence auprès de l'entreprise pour obtenir une photo plus exacte de la situation. Mais la compétition dans ce domaine est féroce et un dossier de relance reste délicat. Si une autre opportunité passe pour ces travailleurs, il faut la saisir», estime M. Parent.
La mine plutôt basse, Christian Gingras, qui était à l'emploi de Fenêtres Robert depusi 33 ans, tentait de rester positif après avoir assisté à la rencontre d'hier.
«On n'a pas le choix d'accepter ça, mais il y en a qui sont déçus, même si ça boitait un peu depuis un bout de temps. Sûrement qu'il y aura une relance, mais avec qui et quand? On ne sais pas grand chose sur ce qui va se passer. En attendant, la vie continue», a-t-il confié, s'estimant plus ou moins satisfait de la tournure des événements depuis l'annonce de la fermeture de l'entreprise lundi. D'autres employés ont quand à eux déjà commencé à chercher un autre emploi.
Du côté du syndicat local, on croit que tous les ingrédients sont réunis pour réussir la relance de Fenêtres Robert.
«Beaucoup de gens sont impliqué et ça ne prendrait pas des millions de dollars. Les employés sont spécialisés et les équipements sont bons. Mais il faudrait un nouveau capitaine. Il est trop tôt pour connaître la situation exacte, mais c'est certain que la récession n'a pas aidé. Et la faillite de l'entreprise reste possible», indique Denis Sansoucy, vice-président du syndicat du bois de Fenêtres Robert, affilié à la CSN.
Une faillite, c'est ce que le comité de relance veut éviter. «Il reste à voir ce qu'on peut faire et sur quels programmes gouvernementaux on peut s'appuyer, mais quand la main-d'oeuvre et les équipements sont là, c'est plus facile de trouver un acquéreur», renchérit André Bellavance, député de Richmond-Arthabaska et membre du comité de relance.
«À cause de la fermeture, la valeur de l'entreprise en prend pour son rhume et ça peut accélérer la vente», estime quand à lui Étienne-Alexis Boucher, député de Johnson, lui aussi membre du comité de relance.
Le comité de relance se compose aussi du directeur de l'usine, Michaël Gibbons, de Nicole Forcier, attachée politique de la ministre responsable de la région de l'Estrie Monique Gagnon-Tremblay, de Claude Boucher, préfet de la MRC du Val-Saint-François, d'Adam Rousseau, conseiller municipal pro-maire de Saint-François-Xavier, de Sylvie Bureau, mairesse de Windsor, et de Hervé Provencher, maire de Saint-Claude.
Source : La Tribune, Sherbrooke, samedi 29 janvier 2011.