Fruit d'Or recourt à la Loi sur les faillites.
L'entreprise de transformation de petits fruits Fruit d'Or a été placée sous la Loi sur la faillite et l'insolvabilité. Aux prises avec un contexte économique défavorable, l'entreprise de Notre-Dame-de-Lourdes n'était plus en mesure de rencontrer ses obligations financières.
Son président Martin Le Moine explique les difficultés de son entreprise par un dollar canadient fort et peu propice à l'exportation, une crise économique qui est venue complètement miner le marché des produits biologiques, ainsi que par une diminution importante des prix de la canneberge et du bleuet attribuables à des récoltes records la saison dernière. Selon M. Le Moine, certains dérivés de ces petits fruits auraient perdu jusqu'à 75% de leur valeur au cours des derniers mois.
«Le marché est à son plus bas, il ne pouvait rien nous arriver de pire. Nous avons réussi à contrôler nos finances grâce à des prêts d'investissement Québec, mais là, nous sommes au bout du rouleau», dit le président.
La bonne nouvelle est que, grâce à un soutien de son principal créancier, la Banque Nationale du Canada, l'entreprise maintiendra ses activités le temps de faire une offre à ses créanciers. Fruit d'Or repartira ensuite sur de nouvelles bases, sans la dette énorme qui pesait sur ses épaules. Si le chiffre exact ne sera connu qu'à la fin du mois de juin, M. Le Moine estime la somme due à plusieurs millions de dollars.
Aucune perte d'emploi n'est anticipée pour l'instant, même si l'entreprise prévoit faire quelques modifications dans son mode de gestion. Selon le président, cette situation financière difficile a été provoquée par une expansion trop rapide. À partir de maintenant, on prendra donc des «bouchées plus petites». On est également à la recherche d'un comptable spécialiste en prix de revient.
«On ne peut pas changer énormément de choses puisqu'une grande partie de notre problème est contextuelle. On changera toutefois notre stratégie d'expansion. Une croissance rapide cause beaucoup de problèmes lorsque le marché se déprime. Nous adopterons une stratégie moins agressive et une croissance plus lente», a signifié Martin Le Moine.
Si plusieurs créanciers perdront beaucoup dans cette histoire, le président s'est dit persuadé qu'on lui laissera une seconde chance. Plusieurs partenaires ont réitéré leur appui et on ne devrait pas avoir trop de difficulté à rétablir le climat de confiance. «Les gens veulent qu'on reste. Tous nos clients et fournisseurs nous ont confirmé qu'ils nous appuyaient dans nos démarches» a-t-il conclu.
Il est important de noter que la faillite ne concerne pas Frigo d'Or, un projet d eplus de 14 millions $ financé en partie par le gouvernement et qui procure à Fruit d'Or, ainsi qu'à une vingtaine de producteurs, un endroit pour congeler leurs productions.
Source : La Tribune, Sherbrooke, vendredi 4 juin 2010.