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La Laiterie Chagnon vise l'exportation - L'entreprise Waterloise a obtenu une subvention de Développement économique Canada.

La Laiterie Chagnon modernisera ses installations grâce à un prêt sans intérêt de 150 000 $ de Développement économique Canada, ce qui lui permettra notamment d'élargir sa gamme de produits et de les exporter au Canada et aux États-Unis.

«On veut se mettre à la fine pointe de la technologie pour obtenir une accréditation fédérale (de l'Agence canadienne d'inspection des aliments) pour pouvoir exporter nos produits en Ontario et aux États-Unis», explique le président de l'entreprise familiale de Waterloo, Denis Chagnon.

En marge de la conférence de presse organisée hier par Développement économique Canada (DEC) à la mairie de Waterloo, où étaient réunis une vingtaine d'acteurs du milieu, le président de l'entreprise, qui compte 38 employés, a indiqué que l'argent lui permettra d'acquérir de novueaux équipements et de réaménager les lignes et les aires de production, afin de limiter les risques de contamination des produits.

L'argent permettra également de lancer un nouveau produit, soit du beurre de cuisson, qui a la propriété de brûler moins rapidement.  «Le point de fumée est plus élevé que les huiles et ça enrobe les viandes et garde la saveur du beurre», explique M. Chagnon, qui ajoute que le produit sera vendu dans certains supermarchés dès septembre prochain.

L'aide a été remise par le député de Lotbinière-Chutes-de-la-Chaudière, Jacques Gourde, au nom du ministre de l'Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec, Denis Lebel. «Le financement est accordé aux entreprises en fonction de leur mérite», affirme M. Gourde, qui précise que la laiterie a été choisie dans le cadre du programme «Croissance des entreprises et des régions de DEC», parce qu'elle innovait avec le nouveaux produits et faisait appel à de l'énergie verte pour alimenter sa production.

La Laiterie Chagnon agrandira également son système de capteurs solaires.  «On est en train d'installer la troisième version de capteurs améliorés», explique le président, qui compte ainsi réduire sa consommation de gaz naturel.  Des quelques 100 000 $ qui lui en coûtait annuellement avant d'installer ses premiers panneaux, l'entreprise croit qu'elle ne paiera pas plus de 20 000 $ en gaz naturel après l'aménagement complet du système.  Le système de capteurs solaires paraboliques, nommée Icarus Heat, est en fait conçu par le neveu du président de la laiterie, Mathieu Chagnon, qui préside la firme sherbrookoise Rackam Design.  Celle-ci a obtenu des subventions pour développer son projet évalué initialement à 300 000 $ à la laiterie de Waterloo.  «La chaleur recueillie est entreprosée et sert principalement à la pasteurisation du lait», qui se fait à de très hautes températures, explique son oncle.

Le maire de Waterloo Pascal Russell, qui assistait également à la conférence, s'est dit «heureux que la Laiterie Chagnon, qui cherche à se démarquer par rapport à la compétition, reçoive ce coup de pouce».  Celui qui est aussi préfet de la MRC de la Haute-Yamaska a souligné le dynamisme de l'entreprise, un employeur important de la région, qui cherche à diversifier sa production en utilisant de l'énergie verte.

La Laiterie Chagnon, fondée par le père de Denis, Jacques Chagnon il y a plus de 50 ans, est l'une des quatre laiteries familiales subsistant au Québec, de souligner l'actuel président.  L'entreprise survit parmi les multinationales en développant des niches, comme le beurre de cuisson, qui n'intéressera pas les grosses laiteries, selon Denis Chagnon.  «On tente de parler aux consommateurs pour développer ce qu'ils veulent, mais ce n'est pas facile, vu qu'il y a aujourd'hui des intermédiares qui sont les supermarchés», dit-il.


Source : La Voix de l'Est, mercredi, 13 juilet 2011