Les employés de Bestar acceptent d'ouvrir leur convention collective.
Tout n'est pas encore sauvé pour l'entreprise de meubles prêts-à-assembler Bestar, de Lac-Mégantic, qui, la semaine dernière, a fait planer la menace d'une fermeture définitive possible en septembre prochain, en remettant un avis de licenciement collectif à tous ses employés.
Mais un pas a été franchi pour retrouver le chemin de la rentabilité quand les employés d'usine et ceux de bureau ont accepté, dans une proportion de 75%, d'ouvrir leur convention collective.
Cela pourrait permettre à l'employeur de proposer des ajustements afin d'amorcer une réorganisation et ainsi compenser les problèmes financiers auxquels l'entreprise se trouve confrontée.
Les représentants syndicaux et ceux de l'employeur doivent s'asseoir ensembles, vers la fin du mois, pour renégocier certaines clauses de la convention.
Mais pour les employés de Bestar, en permettant cette démarche de survie de leur entreprise, sont-ils optimistes?
«Les employés sont plutôt inquiets. Ce n'est pas facile pour eux. Mais quand ils voient que leur compagnie perd de l'argent, ils savent qu'il faut faire quelque chose. Jusqu'où iront-ils dans les concessions qui seront demandées pour sauver l'entreprise? C'est une bonne question», a déclaré le président de la section locale 299 SCEP, Yves Guérette, de ses bureaux de Montréal.
«Il s'agira de négociations de survie pour ensuite rédiger un plan de relance. Nous allons sécuriser la convention, rassurer les créanciers et viser la paix sociale. C'est certain que ça peut aller jusqu'à une fermeture à l'automne, s'il n'y a rien de possible. On va en savoir plus au début d'août. On s'entend ou non. Dans le dossier, il y a également le Fonds de solidarité de la FTQ qui est partenaire, mais qui n'accepte pas de perdre continuellement de l'argent.»
La direction de Bestar serait actuellement à la recherche d'investisseurs et irait même jusqu'à tenter d'acheter une autre compagnie pour acquérir du volume d'affaires.
«Dans son créneau, actuellement Bestar se bute à un gros compétiteur, la Chine. Peut-être que l'entreprise devrait innover, changer de créneau de production. Elle a des projets sur sa table à dessin pour s'enligner... Les 10 dernières années ont été difficiles. Il faut replacer les affaires. Les dirigeants vont effectuer le dépôt de leurs demandes. C'est un processus normal. Ça inquiète aussi les créanciers. Mais on ne parle pas de faillite, les dirigeants voient simplement venir les obligations et ils ont fait ce qu'ils devaient faire», de continuer M. Guérette.
«Notre objectif, c'est de sauver plus de 200 emplois, c'est le mandat que les travailleurs nous ont donné, nous allons regarder en fonction de ça. La restructuration s'impose, on ne va pas laisser tout ça aller à la dérive.»
Le président de la section locale chapeaute 60 unités syndicales, dans 60 entreprises différentes. Il s'est faite le porte-parole de la partie syndicale en l'absence du représentant Sylvain Roy, actuellement en vacances.
Source : La Tribune, Sherbrooke, samedi 17 juillet 2010