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L'industrie manufacturière aura toujours sa place. Une nouvelle force syndicale assure qu'elle arrêtera l'hémorragie.

Sans rêver en couleurs d'un retour aux années d'or avec ses innombrables emplois, le secteur de l'industrie manufacturière aura toujours sa place au Québec, surtout dans les secteurs de pointe.  Et particulièrement en Estrie, où cette industrie pourrait encore mieux tirer son épingle du jeu.

«L'industrie manufacturière en Estrie bénéficie d'un atout indéniable avec notre voisin du Sud.  Les entreprises ont la possibilité ici de profiter de la transformation notamment...  Mais pour cela, il faut du soutien, de l'aide, des politiques gouvernementales plus agressives», fait valoir Alain Lampron, président de la Fédération de la métallurgie, affiliée à la CSN.

Celui-ci était accueilli hier matin avec son collègue Sylvain Parent, qui dirige la Fédération des travailleurs du papier et d ela forêt, par le président de la CSN-Estrie, Jean Lacharité, dans le cadre d'une tournée sur le regroupement des deux fédérations.  Ce mariage, qui sera célébré a Québec en février prochain, donnera la nouvelle Fédération de l'industrie manufacturière (FIM) au sein de la CSN.  Elle regroupera quelque 30 000 membres au Québec, dont 3 000 en Estrie, répartis dans 27 syndicats, notamment ceux de Kruger, Domtar et Gurit.  C'est environ 10% des 31 000 emplois manufacturiers en Estrie.

Or tant pour MM. Lampron et Parent que pour Jean Lacharité, cette nouvelle force syndicale va non seulement permettre d'arrêter l'hémorragie constante dans le secteur manufacturier mais redonner espoir en des jours meilleurs.  Depuis 2003 seulement en Estrie, les crises économiques et la mondialisation ont vu perdre 12 000 emplois manufacturiers.

«La force du nombre va évidemment avoir un impact sur nos revendiactions.  Une voix plus forte va se faire entendre», soumet M. Parent.  «Cette nouvelle organisaton, rajoute M. Lampron, sera l'occasion de pousser encore plus sur les gouvernements et les décideurs pour qu'ils interviennent plus vite, avant que ça se traduise uniquement par un constat de perte, quand tout est mort et enterré!»

Le président de la CSN en a profité pour lancer un «message clair» au premier ministre Jean Charest, dans le cadre des préparatifs du prochain budget du Québec.  «Le ministre des Finances devra tenir compte dans ce budget de la mise en place du programmes de développement et de soutien, que ce soit en matière de formation de la main-d'oeuvre, de développement technologique, de recherche et de développement.  L'industrie manufacturière c'est un moteur économique majeur du Québec et de l'Estrie et le gouvernement a l'obligation de la soutenir», a clamé Jean Lacharité.

Source : La Tribune, Sherbrooke, mercredi 12 janvier 2011.