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Menace de licenciement collectif chez Bestar - L'entreprise souhaite rouvrir la convention collective de ses employés avant l'échéance.

Les ventes ne reprennent pas assez vite chez Bestar, de Lac-Mégantic, et les mesures de travail partagé ne suffisent plus à compenser le manque à gagner.

Les employés ont donc tous été convoqués d'urgence à une importante réunion, le 30 juin dernier, où plusieurs ont craint le pire.

Comme la loi du travail prescrit un avis de 12 semaines, les employés de Bestar ont tous reçu un avis écrit préventif, les informant de la possibilité d'un licenciement collectif pour l'automne prochain, si la déterioration des ventes devait se poursuivre.

Dans un communiqué de deux paragraphes seulement, daté d'hier, la compagnie a indiqué qu'elle n'entrevoyait pas d'amélioraton des ventes d'ici quelques mois et qu'il lui fallait adopter des mesures immédiates.

À la réunion du 30 juin, la direction de l'entreprise, après avoir expliqué les enjeux à ses employés, a demandé l'ouverture anticipée de la convention collective, laquelle se termine de toute façon le 31 décembre 2010, et cela afin d'obtenir des changements aux conditions de travail qui permettraient de contribuer au retour à la rentabilité de l'entreprise à court terme.

Il y a à peine une semaine, Bestar avait annoncé que son conseil d'administration nommait Daniel Mercier, un consultant, au poste de président de l'entreprise, alors que Paulin Tardif, qui cumulait cette tâche avec celle de président du conseil, quittait pour ne garder que ce dernier chapeau.

Avec plus de 20 ans d'expérience à la haute direction de sociétés industrielles et aérospatiales, Daniel Mercier a oeuvré plus particulièrement au niveau de la gestion des opérations et de la chaîne d'approvisionnement.  Il a également participé au démarrage de compagnies oeuvrant dans le domaine de la haute technologie.

«Dans le contexte difficile où nous évoluons, M. Mercier possède l'expérience nécessaire pour aider Bestar.  À titre de conseiller externe de Bestar au cours des deux derniers mois, il a été en mesure de se familiariser avec l'ensemble des opérations.  Il sera appuyé dans ses fonctions par l'équipe de direction actuelle de Bestar», avait alors déclaré Paulin Tardif.

Son fils Martin, qui occupait le poste de directeur général de l'entreprise, a été réaffecté aux ventes à plein temps, à titre de vice-président exécutif, pour aider au responsable Sébastien Jacques et laisser toute la place au nouveau président.  Le poste de direction général a été aboli.

Les propos de Paulin Tardif, rejoint chez lui, avait malheureusement un arrière-goût de dernière chance.  Si la compagnie de son père, Jean-Marie, établie depuis 1948, devait fermer à l'automne, il s'agirait à Lac-Mégantic d'une quasi-catastrophe, Bestar constituant un fleuron de l'industrie méganticoise, ayant déjà compté dans ses rangs plus de 500 employés, alors qu'aujourd'hui elle n'en réunit guère plus de 130.

Source : La Tribune, Sherbrooke, samedi 3 juillet 2010.