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Mine Jeffrey doit trouver un partenaire.

La partie n'est pas encore gagnée pour la relance de la Mine Jeffrey : l'entreprise doit maintenant dénicher un partenaire financier si elle veut obtenir une garantie de prêt du gouvernement que Québec, en raison d'une révision à la hausse du coût du projet, qui passe de 58 à 73 millions $.

«J'ai annulé mes vacances et j'y travaille; j'ai quatre ou cinq avenues, des gens qu'on a contactés», livre Bernard Coulome, président de Mine Jeffrey.

Nullement décontenancé par cette nouvelle embûche, après des mois de démarches pour obtenir une garantie de prêt de 58 millions $, ni par les dénonciations de plus en plus fréquentes de l'amiante, M. Coulombe espère concrétiser d'ici quelques mois son projet de mise en exploitation de la mine souterraine d'amiante chrysotile.

Plus de 400 emplois seraient ainsi créés pour la production annuelle de 200 000 tonnes de chrysotile.

Les travaux de construction de la mine souterraine, au coût de 130 millions $, avaient été complétés à 90 pour cent à la fin des annése 90, mais stoppés en raison de la crise asiatique.

La hausse des coûts du projet s'explique par différents facteurs, dit le président de Mine Jeffrey.

«Nous avons eu une rencontre la semaine dernière avec le ministre Clément Gignac (Développement économique, Exportations et Innovation).  La vérification diligente (un exercice comptable) a démontré ce que nous savions déjà, mais il s'est ajouté des éléments nouveaux», dit-il.

En raison de nouvelles exigences environnementales du gouvernement fédéral, Mine Jeffrey devra retirer les BPC (une substance chimique dangereuse pour la santé) de ses transformateurs et condensateurs.

Elle doit également se donner des garanties financières supplémentaires pour s'assurer de couvrir ses coûts.

«Le gouvernement semble prêt à nous supporter, mais jusqu'à 58 millions $.  Le ministre Gignac nous a dit qu'il ne peut aller au Conseil des ministres avec une demande de garantie de prêt de 73 millions $ et que nous devons nous trouver un partenaire», indique M. Coulombe.

«Ça nous a quand même surpris un peu; est-ce une excuse?  On sait que ce n'est pas facile pour le gouvernement avec l'Institut de santé publique, la Société canadienne du cancer et les associations médicales qui dénoncent l'amiante», avoue-t-il.

Ce dernier rappelle que l'industrie canadienne du chrysotile défend une utilisation sécuritaire de ce produit et l'exige de ses clients, surtout concentrés en Asie.

Dans l'espoir d'obtenir l'aval du gouvernement du Québec, les préparatifs pour relancer la mine souterraine se poursuivent, assure M. Coulombe.

«Si on a notre «ok», on pourrait démarrer les opérations de pompage de la mine en quelque jours», affirme-t-il.

«J'espère trouver un partenaire en août», ajoute-t-il.

En 2009, des investisseurs chinois s'étaient désistés à la suite de la sortie du chef du parti libéral du Canada, Micahel Ignatieff, contre les exportations canadiennes d'amiante chrysotile.

«Ça nous coûte 250 000 $ par mois même quand la mine n'est pas en production, en frais de sécurité, d'entretien, d'administration, de communication et d'énergie», illustre M. Coulombe.

Parallèlement, Mine Jeffrey a repris sa production pour l'été grâce à ses réserves de minerai déjà extrait en vue de fournir ses clients asisatiques, comme elle le fait depuis quelques années.

«On veut satisfaire nos quelques clients qui en ont vraiment besoin, sinon ils vont aller chez nos concurrentsl; on fait ça juste pour nous garder en vie», explique son président.

Ce dernier soutient que Mine Jeffrey devra ficeler le dossier de la mine souterraine d'ici quelques mois, sinon ce sera la fin de l'aventure : «Quand la compagnie n'aura plus d'argent pour demeurer en veilleuse, nous seront obligés de fermer et de vendre les équipements».

Source : La Tribune, Sherbrooke, jeudi 29 juillet 2010.