Mine Jeffrey n'aura pas de réponse avant janvier.
Tout indique que la Ville d'Asbetos n'aura pas le cadeau de Noël qu'elle escomptait : le gouvernement du Québec ne répondra pas avant janvier à la demande de garantie de prêt de 58 millions $ des propriétaires de Mine Jeffrey.
«Dans la mesure où on n'a pas le montage financier du consortium, on ne pourra pas; tout dépend du moment où on recevra le montage financier», indique Jolyanne Pronovost, attachée de presse du ministres du Développement économique, de l'innovation et de l'exportation, Clément Gignanc.
Et comme le dernier conseil des ministres avant les Fêtes avait lieu hier, le dossier sera vraisemblablement étudié en janvier.
Hier, le président de Mines Jeffrey, Bernard Coulombe, a fait savoir que le modèle financier final n'est pas terminé mais le sera aujourd'hui ou demain, deux semaines plus tard que prévu».
«Ce n'est pas la faute du gouvernement, il y a beaucoup de consultants au dossier et d'informations à traiter, Mine Jeffrey est une grande entreprise. Ça va se faire avant la fin de semaine, mais on ne s'attend pas à avoir de réaction du gouvernement avant janvier», ajout-t-il.
Mine Jeffrey demande une garantie de prêt de 58 millions $ au gouvernement du Québec pour mettre en exploitation sa mine souterraine d'amiante chrysotile, à Asbestos, dont les travaux de construction avaient été réalisée à 90 pour cent en 2002.
Il s'agit d'un projet de 73 millions $ destiné à parachever les travaux et à démarrer la production.
D'ici 2014, Mine Jeffrey pourrait produire 200 000 tonnes par année de chrysotile, essentiellement destinées aux exportations vers l'Asie, et donner du travail à 450 personnes.
Un consortium, formé entre autres d'utilisateurs de fibres en Inde, doit acheter les actions des propriétaires actuels de Mine Jeffrey, soit la Coopérative des travailleurs miniers d'Asbestos et Fibre forte du Québec, propriété de Bernard Coulombe.
Si la garantie de prêt est accordée, le consortium fournira l'investissement additionnel qui permettra de compléter le financement du projet. Une fois la transaction complétée, l'équipe actuelle de Mine Jeffrey demeurera en place et continuera à mener les opérations, assure Bernard Coulombe. De plus, celui-ci continuera d'agir comme président et directeur général de l'entreprise, pour au moins deux ans, et siégera sur le conseil d'administration du consortium.
La Conférence régionale des élus (CRÉ) de l'Estrie a donné la semaine dernière son appui au projet dans un avis acheminé au ministre Gignac.
Le maire d'Asbestos, Hugues Grimard, a par la suite demandé au gouvernement du Québec de donner son aval à la demande de garantie de prêt avant Noël. Visiblement, il devra patienter jusqu'en janvier.
Le maire Grimard avait fait valoir que la région avait rempli toutes les conditions fixées par Québec, dont la vérification du resepct des normes d'utilisation du produit chez les clients étrangers de Mine Jeffrey, l'implication d'un partenaire financier et le soutien du milieu estrien.
Le projet de Mine Jeffrey suscite une vive oppostion de la part d'organismes tels «Ban Asbestos» et de nombreux professionnels de la santé et associations médicales en raison des risques reliés à l'utilisation de l'amiante chrysotile, en particulier dans les pays en développement.
Selon les détracteurs de ce produits, il est illusoire de croire que les entreprises des pays pauvres peuvent protéger adéquatement les travailleurs qui manipulent l'amiante.
Source : La Tribune, jeudi 16 décembre 2010