Mine Jeffrey prépare son démarrage. Le ministre Hamad souhaite régler le dossier de la relance avant les Fêtes.
Alors que le ministre du Développement économique Sam Hamad souhaite régler le dossier de la relance de Mine Jeffrey avant les Fêtes, son président Bernard Coulombe entend reprendre le boulot bien avant.
Confiant, M. Coulombe prévoit déjà l'entrée au travail de l'entrepreneur qui viendra compléter l'excavation des galeries souterraines. Des employés auront aussi pour tâche de procéder à l'installation des équipements sous terre.
«Je comprends la prudence du nouveau ministre, précise M. Coulombe, ça ne veut pas dire qu'on fait rien et qu'il ne se passera rien d'ici là.»
M. Coulombe et ses partenaires financiers ont remis aux fonctionnaires du Ministère, vendredi, les documents attestant leurs engagements pour la relance de la mine. Hier, il était confiant plus que jamais en son projet, se disant assuré que ces documents répondent précisément aux exigences du gouvernement du Québec pour une garantie de prêt de 58 M$.
Pour sa part, le ministre Sam Hamad a affirmé au journal Le Soleil, dimanche, qu'il s'assurerait que son gouvernement soit saisi rapidement du dossier par l'entremise du Conseil des ministres. «Ça se fera avant le printemps, idéalement avant les Fêtes, a dit le ministre. Si tout est conforme commenous le pensons, le financement devrait être accordé.»
«La condition relative à une participation financière de 25 M$ de Mine Jeffrey et de ses partenaires financiers est maintenant sécurisée, on en a donné la preuve, commente aussi Bernard Coulombe. La date butoir a été respectée et la garantie s'applique. Cela ne signifie pas que nous avons l'argent dans nos poches, les analyses vont être effectuées au ministère. Il faudra préciser une convention de crédit afin de pouvoir soutirer l'argent graduellement, tant des institutions financières que du fonds de 25 M$ de nos partenaires, selon les développements et les travaux réalisés. Cette étape sera concrétisée dans les prochaines semaines.»
Autre élément important, la convention entre les partenaires du consortium d'investisseurs n'est toujours pas signée, précise M. Coulombe, précise M. Coulombe. «Certains de nos partenaires ont encore à se faire mieux connaître auprès des gouvernements du Québec. Même si tous les éléments de la convention ne sont pas totalement attachés, les discussions sont très avancées et la signature est imminente. La vérification diligente de certains partenaires financiers se poursuit toujours à la Mine Jeffrey.»
Sans en préciser l'identification, Bernard Coulombe confirme que les investisseurs du consortium se composent de trois groupes de partenaires de trois différents pays.
«Nous devons composer avec de nouveaux partenaires qui font équipe avec nous depuis peu. Le président de Balcorp, Baljit Chadha, et moi-même avons réuni les 25 M$ auprès des investisseurs. Je me suis engagé auprès d'eux et auprès des gouvernements à rester en place pour quelques années. Je vais continuer à mener les opérations à la Mine Jeffrey et à préparer la relève pour une transition éventuelle à une nouvelle équipe.»
À compter d'avril, le président de Mine Jeffrey espère repartir la production aux moulins avec comme prévision 100 000 tonnes de chrysotile pour 2012, possiblement 200 000 tonnes en 2013. «Nous allons épuiser la réserve actuelle du puits minier pour en arriver à une transition en continu avec la production du minerai en provenance cette fois de la mine souterraine. Une fois en production, pas question de faire un arrêt pour ensuite démarrer la production sous terre, c'est là mon objectif.»
Par ailleurs, commentant l'arrêt de production de la fibre chez LAB Chrysotile de Thetford Mines, le président de Mine Jeffrey considère qu'il s'agit d'une mauvaise nouvelle, non seulement pour les travailleurs de la mine Lac d'Amiante, mais aussi pour cette industrie au Québec.
«Nous risquons de perdre des clients qui se tourneront vers d'autres producteurs dans le monde. La demande est plus forte que notre production. Nous avons la meilleur fibre, une référence de qualité. Nos clients ont accepté de se prêter aux vérification de la manipulation et de l'utilisation sécuritaires dans des produits de la fibre que nous leur fournissons, lesquelles seront effectuées par des firmes indépendantes, telles que requises par le gouvernement du Québec, ce qui n'est pas nécessairement le propre d'autres producteurs.»
Source : La Tribune, Sherbrooke, mardi 4 octobre 2011