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Nanotechnologies : un petit bout de France à l'Université de Sherbrooke.

L'Université de Sherbrooke est en voie de gravir un nouvel échelon dans la recherche en nanotechnologie.  Après la création du Laboratoire international associé en nanotechnologies et nanosystèmes (LIA-LN2), l'établissement devrait obtenir la première Unité mixte internationale (UMI) au Canada.

Déjà, les axes de recherche du laboratoire LN2 mettent en commun les connaissances des chercheurs de Varennes, Sherbrooke, Lyon et Grenoble.  En deux ans, 28 séjours scientifiques croisés entre la France et le Canada, de même que le lancement de cinq nouvelles thèses en cotutelle, ont su démontrer la force de l'alliance.

«Nous étions tellement en avance que nous sautons à un autre niveau», fait valoir Jacques Beauvais, vice-recteur à la recherche de l'Université de Sherbrooke.

L'autre niveau, c'est l'Unité mixte internationale, un laboratoire financé par le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) français.  Il n'en existe que huit à travers le monde.

«Une UMI coûte très cher, parce que c'est un vrai laboratoire, avec des chercheurs financés par la CNRS, des fonds de recherches français et européens.  C'est comme s'il y avait un bout de France sur le campus de l'Université de Sherbrooke», fait valoir Vincent Aimez, codirecteur du LIA-LN2.

«Devenir une UMI nous permettrait de nous ouvrir sur beaucoup de laboratoires en France, d'élargir notre réseau de recherche, en plus d'obtenir des occasions de recruter les meilleurs étudiants en les amenant à Sherbrooke», ajoute M. Beauvais.

Concrètement, ce sont quatre postes pour les chercheurs Français qui seront créés.  «Chacun amène des doctorants et des post-doctorants, ce qui équivaux à la création d'une équipe de 15 à 20 personnes.  C'est un peu comme si on octroyait quatre postes de professeurs titulaires de chaires de recherches», ajoute Vincent Aimez.

Les investissements attendus sont de l'ordre de plus d'un million d'euros sur trois ans.  Les chercheurs auraient un point d'ancrage dans le parc Innovation.  «Le futur Centre d'excellence en génie de l'information sera conçu pour accueillir des partenaires.  Ce qu'on veut dans le parc, c'est de rapprocher les chercheurs des collaborateurs et des étudiants», souligne Jacques Beauvais.

Par le fait même, Sherbrooke pourrait avoir sa délégation en Rhône-Alpes.

L'UMI serait par ailleurs parfaitement compatible avec le Centre d'innovation en microélectronique inauguré l'an dernier à Bromont.  «Si on se débrouille bien, les projets ne seraient pas qu'académiques.  Nous pourrions ouvrir la voie à des collaborations industrielles», insiste M. Aimez.

Les applications des recherches pourraient notamment permettre de relever le défi de la miniaturisation des puces électroniques.  «Nous cherchons à faire des puces avec plus de fonctions, mais qui consomment moins d'énergie, pour qu'elles restent efficaces pendant un mois par exemple.  Nous voulons aussi développer des biocapteurs pour des contrôles environnementaux ou des analyses médicales», précise Abdeskader Souifi, également codirecteur du LIA-LN2.

L'UMI devrait entreprendre ses activités en janvier 2012.  L'étape actuelle consiste à constituer un dossier compilant la programmation de la recherche pour une présentation en décembre.  L'approbation est attendue en juin 2011.  Il s'agirait d'un mandat de quatre ans renouvelable.

Source : La Tribune, Sherbrooke, mercredi 21 juillet 2010.