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Plan d'aide à l'industrie forestière - La scierie JM Champeau n'en profitera pas.

La scierie JM Champeau de Saint-Malo, qui emploie actuellement quelques 110 personnes, ne croit pas pouvoir profiter du plan d'aide à l'industrie forestière annoncée lundi par le gouvernement fédéral.

Assorti d'une enveloppe de 100 millions de dollars répartis sur quatre ans, ce plan d'aide vise à supporter les entreprises qui développent de nouveaux produits, tels que biocarburants ou encore des produits forestiers non traditionnels, comme les bioplastiques.

Selon Pierre Champeau, président directeur-général de la scierie, son entreprise ne fait pas partie de celles visées par une telle mesure, puisque les produits de bois francs qu'elle fabrique, qui incluent autant des composantes de baguettes de billard que des palettes de bois, ne correspondent pas aux critères du programme.  «Cette annonce ne concerne pas vraiment les entreprises qui font de la première et de la deuxième transformation.  Je crois que ça pourrait surtout profiter aux papetières, qui pourraient trouver de nouvelles façons d'utiliser la fibre de bois afin de compenser pour la baisse de la demande du papier», explique-t-il.

M. Champeau accueille donc cette annonce avec des sentiments partagés.  «L'idée du programme n'est pas mauvaise, mais les sommes allouées ne sont pas suffisantes pour créer un réel effet sur l'ensemble de l'industrie forestière», estime-t-il.

«Quand on regarde ça, 25 millions par année pour tout le Canada, c'est une farce.  En divisant ce montant par dix provinces, il ne reste plus grand chose pour le Québec», ajoute-t-il.  En ce sens, M. Champeau rejoint Renaud Gagné, vice-président du Syndicat des communications, de l'énergie et du papier, qui, plus tôt cette semaine, avait qualifié les sommes consenties de «peanuts».

Même si elle doit se débrouiller sans l'aide du gouvernement, la scierie ne se porte pas mal pour autant : les affaires vont suffisamment bien ces temps-ci pour que l'entreprise sente le besoin d'embaucher de nouveaux travailleurs.  «Oui, nous avons traversé une période difficile, mais nous avons posé les gestes nécessaires afin de nous adapter aux besoins du marché», assure M. Champeau.

«Nous avons toujours été très diversifiés autant au niveau des produits que nous offrons que de la géographie de nos marchés, ce qui nous a aidé à traverser la crise», analyse-t-il.

Source : La Tribune, Sherbroke, jeudi 5 août 2010