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Québec se met à la table - Le gouvernement garantit un prêt de 58 millions sous certaines conditions.

La région d'Asbestos va-t-elle enfin sortir de sa nuit industrielle?

L'appui du gouvernement du Québec au projet de relance de la mine souterraine de chrysotile de Mine Jeffrey, assorti de la cération d'un fonds de diversification économique pour la MRC des Sources, constitue en tout cas un pas important.

Ce gestion soulève aussi déjà beaucoup d'espoir quant à la concrétisation de cet investissement de 83 millions $ pour la mise en exploitation de la mine souterraine et la création de 425 emplois directs.

Le ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, Clément Gignac, est venu en faire l'annonce hier à Asbestos, en compagnie de nombreux intervenants économique et représentants politique de la MRC des Sources.

Une absence remarquée toutefois, celle de Bernard Coulombe, président de Mine Jeffrey, que le ministre Gignac, a justifiée en disant que la conférence de presse ne portait pas sur la relance de la mine comme telle.

«Un pas important vient d'être franchi aujourd'hui au Conseil des ministres qui m'a donné l'autorisation d'écrire au promoteur pour lui signifier que le gouvernement accepte d'aller de l'avant», a-t-il déclaré.

«Nous espérons que cela aidera le promoteur à compléter son financement», indique M. Gignac.

Le gouvernement québécois est donc disposé à accorder une garantie de prêt de 58 millions $ au promoteur, la firme québécoise Balcorp, formée d'investisseurs internationaux, mais à trois conditions.

Le consortium devra effectuer une mise de fonds de 25 millions $, accepter de contribuer au fonds de diversification économique régional et financer une inspection annuelle chez ses clients asiatiques pour s'assurer qu'ils respectent les mêmes normes d'hygiène industrielle et de sécurité qu'ici au Québec.

Le promoteur devra contribuer au fonds de diversification à raison de 1,5 million $ par année pendant cinq ans, à compter de 2015, ce qui permettra à la MRC des Sources de toucher une somme de 7,5 millions $ pour financer des projets.

Québec donne jusqu'au 1er juillet prochain à Balcorp pour ficeler le dossier.

«Nous faisons ce geste-là parce que certains investisseurs se montraient peut-être un peu réticents avec les évènements des dernières semaines et craignaient qu'au bout de la journée le gouvernement laisse tomber le projet», a souligné le ministre Gignac.

Pour le député de Richmond, Yvon Vaillières, dont le ministre Gignac a souligné le «travail déterminant», «le gouvernement répond ainsi aux attentes appuyant le projet de relance, mais aussi en utilisant ses retombées comme levier, au profit de toute la population de la MRC des Sources».

Dans son avis unanime présenté en décembre dernier pour appuyer le projet de Mine Jeffrey, la CRE avait pressé Québec d'accélérer le processus de diversification économique de la région.

Face à l'opposition virulente de nombreux organismes, syndicats et spécialistes de la santé publique à ce projet, un peu partout dans le monde, le ministre Gignac répond que le gouvernement «a prix acte de leur opinion».

«On ne prétend pas qu'il n'y a pas de risque.  On réitère, c'est le point de vue du gouvernement du Québec et je crois comprendre que c'est aussi celui du gouvernement conservateur et du Parti québécois, qu'on croit en l'utilisation sécuritaire du chrysotile», souligne-t-il.

M. Gignac rappellé qu'outre une «vérification diligente annuelle» chez les clients de Balcorp, la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) a informé les autorités indiennes qu'elle est disponible pour les aider à resserrer leur règlementation en ce domaine.

Mais, signe d'un certain malais, le ministre a toutefois refusé d'être photographié devant la mine à ciel ouvert d'Asbestos.

Source : La Tribune, Sherbrooke, jeudi, 14 avril 2011.